Mis à jour le 18 août 2026

La pige téléphonique, telle qu'elle se pratiquait, n'est plus légale

Appeler un particulier qui vend son bien sans intermédiaire pour lui proposer un mandat est une prospection commerciale. Depuis le 11 août 2026, cet appel exige un consentement préalable, et le numéro publié dans l'annonce ne le constitue pas.

Pourquoi le numéro de l'annonce ne vaut pas accord

Le consentement doit être spécifique : donné à un professionnel identifié, pour un objet identifié. Un particulier qui publie son numéro s'adresse à d'éventuels acquéreurs, pas à des agences souhaitant lui vendre une prestation. L'objet du démarchage n'est pas celui de la publication.

Il est interdit à un professionnel de démarcher téléphoniquement un consommateur qui n'a pas exprimé son consentement préalable à faire l'objet de prospection commerciale par ce moyen.

La disparition de Bloctel ne change rien à cette lecture : elle l'aggrave. Auparavant, un numéro non inscrit était appelable. Désormais, l'absence d'inscription ne prouve plus rien.

Ce qui reste possible

  • Le rappel d'une demande d'information. Si le particulier a rempli un formulaire d'estimation ou demandé à être contacté, l'appel répond à sa demande. La réalité de cette demande doit pouvoir être justifiée.
  • L'appel lié à un contrat en cours. Un mandat en cours autorise les appels en rapport avec son objet, y compris pour des prestations afférentes. Un mandat expiré ne le permet plus.
  • Les canaux non téléphoniques. Courrier, prospectus, porte-à-porte et réseaux sociaux relèvent d'autres régimes ; l'interdiction visée ici est celle de l'appel et, dans le seul secteur de la rénovation énergétique, du SMS et du courriel.
  • Le recueil préalable, en face-à-face ou par SMS. Rien n'interdit de demander l'accord avant d'appeler : c'est exactement l'usage auquel Consentimmo répond.

Le risque concret pour une agence

Jusqu'à 375 000 € d'amende administrative pour la société. Surtout : le contrat conclu à la suite d'un démarchage illicite est nul. Un mandat signé après un appel de pige non consenti peut être annulé, honoraires compris, y compris après la vente.

Le professionnel ayant tiré profit de l'appel est présumé responsable. Confier la pige à un centre d'appels ou à un prestataire ne déplace pas le risque : il reste sur l'agence.

Comment transformer la pige en recueil de consentement

  1. Le conseiller obtient le numéro par un contact non téléphonique ou en face-à-face.
  2. Il envoie une demande de consentement par SMS depuis Consentimmo.
  3. Le particulier lit les cinq mentions, accepte ou refuse. Le refus est enregistré : il évite un appel illicite ultérieur.
  4. En cas d'accord, le numéro devient appelable pour douze mois et la preuve est conservée trois ans.

Information générale, non constitutive d'une consultation juridique. Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026.

Une pige qui laisse une trace, pas un risque

Chaque demande envoyée produit une réponse enregistrée : accord daté et borné, ou refus opposable. Le registre indique ensuite qui peut être appelé, et jusqu'à quand.

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